Greenpeace Toulouse

Mobilisation "Oh Labels promesse"

DATE

Le samedi 23 Octobre

OBJECTIF

Partager les résultats de notre enquête ayant comparé 11 labels alimentaires différents auprès des consommateurs.

ACTIVITE

Organiser un stand d’information
devant ou à proximité d’un supermarché ou d’une grande surface (et obtenir une couverture auprès de médias locaux)

En Bref !

L’alimentation a un impact considérable sur notre environnement, l’emploi et la santé.
Les consommateurs s’appuient de plus en plus sur des logos censés attester de filières durables.

Pourtant, la multiplication des démarches et des labels entraînent de la complexité et de la confusion et ne permettent pas toujours aux consommateurs de s’y retrouver. Greenpeace a co-financé avec le WWF une enquête de plus d’un an sur 11 labels alimentaires différents.
Les résultats révèlent de grandes différences entre les labels alimentaires, certains n’étant pas du tout au niveau d’exigence qu’ils affichent.

Ce décalage entre marketing et réalité entretient un flou néfaste pour les consommateurs et freine la transition vers des pratiques agricoles durables. Les résultats seront publiquement partagés fin septembre et un gros travail de communication et de mobilisation est prévu la semaine du 18 octobre, avec une Journée Nationale de Mobilisation (JNM) le samedi 23 octobre.

La mobilisation proposée consiste à se rendre devant les magasins de type supermarché ou grande surface afin de partager avec les clients les résultats de cette enquête. Pour ce faire, les groupes auront à disposition un autocollant afin de customiser leur roue, un dispositif visuel en carton et des dépliants. Les médias locaux seront invités à couvrir la mobilisation locale et la sortie de cette enquête.

L’objectif est d’apporter un éclairage aux consommateurs dans leur acte d’achat et, in fine, de favoriser le développement des labels les plus utiles et d’empêcher celui des labels moins-disants.

I- L’enquête : méthodologie & résultats

Greenpeace et le WWF ont financé une étude sur les labels alimentaires menée pendant environ un an par le BASIC – ou Bureau d’Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne.

L’intention : éclairer les consommateurs

Depuis plusieurs années, on assiste à une prise de conscience des consommateurs concernant les impacts négatifs liés au système agroalimentaire actuel et la nécessité de changer de pratiques face aux problématiques de notre monde : climat, perte de biodiversité, pollutions…

Dans ce contexte, de nombreuses démarches pour aider à orienter les choix des consommateurs vers une alimentation plus durable ont été lancées, par différents acteurs. Les consommateurs se retrouvent face à une jungle de mentions et labels aux garanties variées sans avoir réellement connaissance des impacts réels derrière chaque mention.

Greenpeace souhaite donner aux consommateurs le vrai du faux des labels, pour qu’ils puissent vraiment acheter ce qu’ils souhaitent, en toute transparence et en connaissance de cause.

Les labels étudiés

Nous avons étudié 11 labels que l’on peut répartir en trois catégories :

– Les labels partageant le socle de l’agriculture biologique

– Les démarches partageant l’approche de la certification environnementale

– Les démarches définies filière par filière (nous avons étudié deux filières différentes pour chacun des quatre labels ci-dessous, par exemple l’AOP Comté et l’AOP Cantal qui ne correspondent pas au même cahier des charges) :

Méthodologie de l’enquête & Attribution des scores

Le Bureau d’Analyse (le BASIC) a regardé comment chaque label agit concrètement sur les causes de 14 problématiques environnementales et socio-économiques différentes :

➢ Les problématiques environnementales sont associées au « plafond » des limites planétaires : dérèglement climatique, pollution, biodiversité, etc.
Des limites à ne pas dépasser si nous voulons vivre durablement sur cette planète.

➢ Les problématiques socio-économiques sont associées au « plancher » des droits humains.

Ce faisant, nous ne considérons pas la création de valeur économique comme une fin en soi, mais comme un moyen pour arriver à une finalité sociale : une société plus équitable, permettant à chacun de vivre dignement, en meilleure santé, plus soudée.

Pour ce faire, le bureau d’étude a analysé les cahiers des charges et la façon dont sa mise en place est contrôlée ou non.
Mais pas seulement : il a également consulté les études d’impact lorsqu’il en existe, a relevé les actions menées par les labels en dehors du cahier des charges et a échangé avec les organisations, quand elles l’ont bien voulu, pour consolider tout ça et le mettre en rapport avec l’impact que les labels disent vouloir avoir. Selon qu’un label agit sur une ou plusieurs causes, de manière indirecte ou non, de manière certaine ou incertaine… des points lui sont donnés.

Par exemple, si un label agit en faveur de la biodiversité en réduisant l’usage de pesticides,
il obtiendra un certain nombre de points sur les problématiques biodiversité, santé humaine, ressources en eau, qualité du sol… Si, en plus, il favorise l’installation de haies, il obtiendra d’autres points supplémentaires, sur la problématique biodiversité mais également sur la problématique climat, les haies contribuant à capter le carbone et à protéger la biodiversité.

Si un label n’agit pas sur une problématique, il n’a aucun point (0).

S’il implique une activité potentiellement négative, des points lui sont retirés. Comme par exemple, un label qui entraînerait davantage de labour, se verrait retirer des points sur les aspects climat et qualité du sol.

Le score global de chaque label est tiré du nombre de points qu’il a obtenu sur chaque problématique. 5 problématiques ont été identifiées comme particulièrement importantes et pèsent trois fois plus que les autres dans le calcul : la biodiversité, le climat, l’atteinte d’un revenu décent, la santé humaine et le bien-être animal. Attribuer des scores aux labels permet de les comparer à l’agriculture conventionnelle « hors-label », qui constitue la base à 0 point, et de les comparer entre eux quand cela a du sens. Cela donne la possibilité aux consommateurs d’y voir plus clair. Ainsi on peut voir que si tous les labels agissent au moins sur une problématique, ils ne le font pas de la même manière ni au même niveau : tous les labels ne se valent pas.

Résultats Le détail des résultats fait l’objet d’un guide écrit proposé sous forme de dépliant qui sera distribué lors de la mobilisation. Ils seront également disponibles sur Internet. En voici les principaux enseignements. L’étude a permis de distinguer les labels selon 3 grands groupes :

➢ Les démarches partageant le socle de l’agriculture biologique (Agriculture Biologique, Bio Equitable en France, Demeter et Nature & Progrès) dont les démarches sont les plus contraignantes et les bénéfices environnementaux et socioéconomiques sont les plus forts et homogènes. ➢ Les démarches partageant le socle de la certification environnementale (AgriConfiance, Zéro résidu de pesticides, Haute Valeur Environnementale), ayant les effets positifs les plus faibles et les moins avérés.

➢ Les démarches définies filière par filière, en lien étroit avec les acteurs de ces dernières (Bleu-Blanc-Coeur, AOP/AOC, Label Rouge et C’est qui le Patron ?!) qui ont des potentiels d’impact très hétérogènes et variables. Ainsi l’AOP Comté a un impact plus positif que l’AOP Cantal. Exception faite pour les filières Bleu-Blanc-Coeur dont les résultats sont plus homogènes mais avec des effets positifs modérés

II- Message & Objectif de la mobilisation

Pour résumer, le message principal est le suivant :

Tous les labels ne se valent pas.

Certains labels apportent la certitude d’un impact social ou environnemental positif,
d’autres ne le garantissent pas et alimentent l’incertitude.

Il faut que les consommateurs soient correctement informés pour qu’ils puissent
acheter ce qu’ils souhaitent vraiment acheter.

L’objectif de cette mobilisation est de susciter l’intérêt des passants pour le sujet,
de les informer de la différence entre les labels afin de les éclairer dans leurs actes d’achat.

En second plan, il s’agit de dénoncer le manque d’information des consommateurs et le flou qui entoure la multitude de démarches.

III- Mobilisation proposée

Il s’agit d’une opération d’information auprès de la population locale afin de révéler les résultats de notre enquête.
Nous voulons cibler tout particulièrement les personnes attentives à leurs choix de consommation et susceptibles de les faire évoluer.

Nous vous proposons d’organiser un stand d’information devant ou à proximité d’un supermarché ou d’une grande surface afin d’intercepter les clients du magasin.